Et si la nature était la maîtresse apportant des solutions face aux crises écologiques, économiques et sociologiques?

Changeons de regard sur elle, ne la regardons pas comme une source de matière première à consommer à tout bout de champ, mais observons là comme une source de connaissance infinie. Puis mettons cette connaissance en application dans nos vies. Le biomimétisme devient alors une avancée scientifique majeure ! Il ouvre la porte d’une troisième voie face au choix de la croissance ou la décroissance.

 

« LA NATURE EST UNE BIBLIOTHÈQUE, LISEZ-LA AU LIEU DE LA DÉTRUIRE »

IDRISS ABERKANE

UNE RÉVOLUTION ENVIRONNEMENTALE

 

Le biomimétisme est l’art d’extraire de la connaissance de la nature et par la suite d’appliquer directement cette connaissance dans des domaines très variés comme l’industrie, la santé, l’habitat… Si les espèces vivantes, hormis l’humain, sont aujourd’hui là, c’est qu’elles maîtrisent au moins leur durabilité. Et vu que nous partageons le même écosystème, nous avons donc des choses à apprendre d’elles.

Ce sont 3,8 milliards d’années sur terre de vie qui nous permettent d’en tirer certains grands principes, comme par exemple tout déchet devient une ressource. Et il reste une étendue immense de connaissances à découvrir venant de tous les systèmes vivants… Avant de souhaiter découvrir Mars, il faudrait peut-être aller plus loin sur Terre.

Cette science considère la nature comme une bibliothèque infinie de savoir. Les philosophes grecs et romains s’en inspiraient largement mais aujourd’hui nous l’avons oublié ! Et surtout, le biomimétisme est maintenant orienté sur la durabilité. Car la nature est devenue une source de matière première que nous épuisons, polluons et à long terme détruisons.

Ces matières premières sont périssables contrairement à la connaissance. Et si nous basions notre système économique sur la connaissance, autrement dit l’économie de la connaissance, la croissance serait infinie tout en étant respectueuse de l’environnement.

Car la nature quand elle produit, elle ne pollue pas et ne se détruit pas. Elle sait créer pour répondre à ses besoins dans chaque situation spécifique. Il n’y a rien qui est perdu, tout a sa place et son utilité. Zéro déchet comme le propose la Blue Economy (économie bleue). Et si l’on appliquait ce mode de fonctionnement, il n’y aurait plus de conflit d’intérêt entre croissance et nature. Ce serait la réconciliation économie/écologie.

UNE RÉVOLUTION SOCIALE

 

Idriss Aberkane, scientifique et chercheur dans les neurosciences, ambassadeur de l’Unitwin et de l’Unesco, est aujourd’hui considéré comme le porte parole du biomimétisme et de son application finale, l’économie bleue. Pour lui l’exploitation de la nature comme nous le faisons actuellement, amène à la division des personnes qui veulent en tirer le maximum de bénéfice.

Il propose alors le biomimétisme comme ré-union pour partager des connaissances entres personnes et en créer encore plus de valeurs. En effet, l’association d’idées de deux personnes en donne souvent plusieurs autres. La nature serait une source d’inspiration qui permettrait alors de rassembler. La coopération plutôt que la compétition.

Mais il y a bien sûr des freins à ce changement de paradigme. Tout d’abord, le ridicule tel que « c’est trop beau pour être vrai ». Puis la peur d’un principe nouveau que nous pourrions trouver dangereux (les débouchés sont inconnus, non garantis à l’avance pour les industriels). Et enfin la remise en question amenant à l’acceptation.

C’est un schéma que l’on a pu observer de nombreuses fois dans l’histoire. Comme par exemple pour le droit de vote des femmes ou encore l’abolition de l’esclavage.

Concernant le biomimétisme, certains pays tels que la Corée du Sud ou l’Allemagne, sont plus en avance que d’autres pour l’accepter et le mettre en place au niveau industriel. Et ces pays ont pu en tirer de nouvelles connaissances ainsi qu’une augmentation de leur économie. L’humain se sent supérieur à la nature. Mais si nous mettions entre parenthèse notre égo, la nature nous apporterait un immense savoir.

IDRISS ABERKANE

Ambassadeur de l’Unitwin et de l’Unesco.

Considéré comme le porte parole de la Renaissance 2.0

Enseignant, conférencier et essayiste français

JANINE BENYUS

Scientifique américaine, consultante en innovation et auteur

Connue pour ses travaux sur le biomimétisme

LE BIOMIMÉTISME : UNE RÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE

 

Avec ces nouvelles connaissances, on peut leur découvrir des applications stupéfiantes ! On a littéralement un exemple sous nos yeux avec les « arénicoles » : sorte de verres de terre vivant dans le sable, qui contiennent de l’hémoglobine O négatif.

Ils permettent alors de faire des transfusions à vous et moi ! Ce savoir aurait pu servir aux américains qui manquaient d’hémoglobine lors du débarquement en Normandie. Ils marchaient dessus sans savoir que la réponse était à leurs pieds ! Ces arénicoles ouvrent aussi de nouvelles possibilités pour les transplantations d’organes car leur hémoglobine est 50 fois plus puissante que celle de l’homme.

Venant du requin cette fois-ci, ses minuscules dents formant sa peau ont permis de créer le meilleur revêtement anti-turbulences au monde. Ce revêtement est utilisé par Airbus sur l’A380 et l’A350 faisant économiser 5 % de carburant. Il a aussi servi pour faire des maillots de bains, interdit aux JO de Pékins. Par ailleurs, c’est également la meilleure peinture antifouling, c’est-à-dire que les organismes aquatiques ne peuvent pas s’accrocher dessus. Les coques des bateaux profitent donc de cette avancée.

Il y a encore de nombreuses autres découvertes, comme un phytoplancton de la taille de quelques nanomètres dépassant largement les meilleures puces réalisées dans la Silicon Valley.

Mais aussi un fil créé par les moules, devenant une colle très puissante et un fil de chirurgie utilisé à Hollywood. Avec un final grandiose d’une « super crevette » d’une force terrible, avec une vue bien plus évoluée que la nôtre et une protection solaire incroyable inspirant alors de multiples applications !

Ainsi un animal ou tout être vivant, peut amener à plusieurs innovations. Et actuellement la ferme du Bec Hellouin en Normandie, teste des principes venant du biomimétisme et obtient des résultats épatants sur sa production.

En fait la nature est « high-tech ». Elle produit bien plus efficacement que nous, avec aucun impact négatif sur l’environnement et en plus grande quantité. Nos ancêtres l’avaient bien compris, à nous de réagir et de commencer à ouvrir les yeux sur la connaissance de ce qui nous entoure.

Ce n’est pas à la nature de produire comme nos usines, mais c’est à nos usines de produire comme la nature.

IDRISS ABERKANE

Ambassadeur de l’Unitwin et de l’Unesco.

Considéré comme le porte parole de la Renaissance 2.0

Enseignant, conférencier et essayiste français