Et si l’on fonctionnait sur une économie basée non plus sur les matières premières, mais sur la connaissance ?

En tant que marchandise elle est une ressource infinie. Elle permet de créer des innovations applicables par la suite à l’industrie, à la santé, à l’habitat… Avec un nouveau critère qui n’était pas là auparavant : la durabilité.

L’économie de la connaissance ou l’économie du savoir nous permettrait alors d’avoir une nouvelle économie bien plus profitable à tous et un partage de savoirs sans précédent. Allons-nous manger de la connaissance et faire une gastronomie du savoir ?

 

 

LES TROIS NOUVELLES RÈGLES DE L’ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE

 

Dans l’économie de la connaissance, la connaissance serait considérée comme le nouveau pétrole. En effet, elle permettrait d’engendrer des innovations dans de multiples domaines et de révolutionner nos façons de vivre à long terme.

Dans le passé il y a eu l’invention de la roue ou encore de l’avion, qui ont toutes les deux amené de profonds changement dans la société et l’économie. Mais actuellement notre système est mené par l’argent et non plus par la connaissance. De plus, l’environnement n’est souvent pas pris en compte lorsque nous produisons. C’est le profit, toujours le profit…

Seulement quand on place la connaissance à la base du système, on peut observer 3 conséquences sur les échanges et la production :

LES ÉCHANGES SONT À SOMME POSITIVE

La connaissance prend de la valeur en la donnant. Elle reste en notre possession et est en même temps multipliée en la partageant. Alors qu’un bien matériel on le divise quand on le partage.

Si je vous donne un morceau de pizza, j’aurai un morceau en moins.
Si je vous fait part de ma connaissance, elle vous est partagée et reste en ma possession également.

LES ÉCHANGES NE SONT PAS INSTANTANÉS       

Les échanges ne sont pas instantanés et demandent donc du temps de partage. Les transferts de biens et notamment d’argent, se font aujourd’hui presque instantanément. C’est le cas par exemple du trading à haute fréquence. Par contre la connaissance prend du temps pour être diffusée. Tous les jours des découvertes ou des innovations sont faites dans le monde entier, mais vous en entendez parler que bien plus tard.

LES COMBINAISONS DES ÉCHANGES DE SONT PAS LINÉAIRES

C’est-à-dire que lorsque nous partageons un savoir à quelqu’un, il va y avoir d’autres savoirs qui vont découler grâce à ce partage. Ce système forme un cycle et crée des nouvelles connaissances en cascade. Les forums ou encore Wikipedia représentent ce partage d’idées entre les personnes. C’est ce qui permet d’avoir sur ces sites, des informations généralement valables. Grâce notamment aux corrections des uns envers les autres et leurs différents savoirs mis en commun.

Ces trois transformations peuvent faire peur ou paraître ridicules, mais elles s’installent peu à peu de nos jours. Au final, elles seront acceptées. Et l’une des raisons est que la connaissance permet d’avoir moins de troubles. En effet, le meilleur allié de la peur c’est l’ignorance. Et la peur engendre des réactions négatives comme la violence. Ainsi créer des infrastructures de la connaissance agirait positivement sur l’économie mais aussi sur le social.

Pour finir, voici une vidéo youtube d’Idriss Aberkane présentant l’économie de la connaissance et le biomimétisme :

« L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde »

Nelson Mandela

UN POUVOIR D’ACHAT REVISITÉ

Ces nouvelles règles amènent à voir le pouvoir d’achat d’une personne se modifier. En effet, il ne serait plus question d’argent mais de savoir. Avec comme variable l’envie d’apprendre de la personne. Le pouvoir d’achat serait garanti à la naissance, puis ensuite il dépendrait de l’apprentissage de chacun.

La monnaie de cette économie immatérielle serait alors de l’attention multipliée par le temps d’apprentissage. Les connaissances varieraient selon ces deux facteurs. Alors que dans notre société actuelle, c’est l’argent qui détermine les biens et services que l’on peut acheter.

L’économie cognitive nécessite donc que l’on redonne à tous le goût d’apprendre. Et cela passe par le jeu et l’amour. Si nous aimons un savoir alors nous allons apprendre beaucoup plus rapidement à son sujet et nous allons mieux le partager à autrui.

Autrement dit c’est la passion. Et elle permet de passer des heures innombrables pour développer nos connaissances sur un ou plusieurs sujets. Développant alors notre compétitivité amenant à plus de valeur économique. Être amoureux augmenterait alors la taille de notre portefeuille…

Cette passion manque cruellement dans les écoles où les connaissances ne sont pas enseignées de manière attractive. L’attention des élèves est donc faible voire nulle. Le jeu pourrait avoir sa place pour faciliter l’apprentissage par le divertissement. Dans la nature, le jeu est la principale source d’apprentissage, comme par exemple chez les lionceaux. Et aujourd’hui les jeux vidéos sont un exemple parfait pour capter l’attention et favoriser l’apprentissage de savoir auprès des jeunes.

Ainsi les jeunes sont capables par exemple de vous décrire précisément les capacités de leurs personnages. Aujourd’hui on associe travail d’apprentissage et pénibilité. Mais il serait peut-être temps de voir apprentissage et amusement. Et par conséquent réadapter l’école dans un monde où le divertissement prend de plus en plus de place.

En Corée du Sud, il y a carrément un parc d’attraction sur les robots, « Roboland », pour amener les enfants à s’y intéresser. C’est leur ministère de l’économie de la connaissance qui l’a créé. A quand un ministère de la connaissance en France ? Mais bref, grâce à ce ministère la Corée du Sud est devenue un pays très exportateur, devançant la Russie pourtant bien plus grande et plus peuplée :

La Corée du Sud a très peu de matières premières par contre beaucoup de savoir.

Elle est le premier exportateur actuel de systèmes électroniques : écrans LCD, lasers, système de guidage des voitures… L’économie de la connaissance s’installe peu à peu dans les esprits.

Le mot abondance résume l’avenir promis par l’économie de la connaissance. Une abondance de savoir au service de notre économie et de notre porte monnaie. Et cette économie s’inscrit dans un cadre plus large.

Associée au Biomimétisme, qui est une science s’inspirant de la nature pour innover, nous obtenons la Blue Economy qui allie production, emploi, croissance et zéro déchet.

IDRISS ABERKANE

Ambassadeur de l’Unitwin et de l’Unesco.

Considéré comme le porte parole de la Renaissance 2.0

Enseignant, conférencier et essayiste français

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